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Les feux dans les immeubles de grande hauteur - Page 4

Publié le : Jeudi, 07 Janvier 2010
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Les feux dans les immeubles de grande hauteur
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Feu d’IGH au coeur de Madrid


igh08.jpgIl est 23 h 19, le 13 février 2005, lorsque la centrale de communication des pompiers de la ville de Madrid reçoit le premier appel. Les agents de sécurité de la tour Windsor, rue Raimundo Fernández Villaverde, signalent qu’un feu s’est déclaré au 21e  étage et qu’ils évacuent l’immeuble. Le chef d’agrès du premier véhicule arrivé sur les lieux de l’intervention confirme qu’il s’agit d’un feu en hauteur dans l’IGH affectant plusieurs étages et demande l’envoi de deux engins-pompes supplémentaires. Pour comprendre le déroulé de l’intervention, il faut savoir que pour être officier de pompier à Madrid, il faut impérativement être architecte ou ingénieur de formation. Dès le premier appel, le premier chef de garde, dénommé dans la garde « J-01 » — J pour jefe, chef en castillan —rejoint la centrale de communication qui fait aussi office d’État-major pour y activer une salle de crise. Le deuxième chef de garde, appelé « J-02 », se rend sur les lieux du sinistre pour en prendre le commandement. Pour lui, le feu se trouve en hauteur et les opérations d’extinction débutent à l’intérieur, en commençant par le 21e étage. Pour cela, on se sert des moyens existants sur place : des bouches d’incendie équipées et une colonne sèche. Le rayonnement et la chaleur très importants à notre arrivée nous invitent à penser que l’incendie s’est déclaré bien avant les premiers appels. Cette grosse chaleur accumulée provoque la chute des faux-plafonds, des conduits hydrauliques et du réseau de câblage. L’effondrement du mur-rideau de la façade de l’immeuble augmente encore la virulence du feu, piégeant les intervenants au 21e étage. Il faut secourir trois pompiers gravement touchés par la température extrême — une intoxication et une blessure des suites d’une chute de matériaux —. L’un d’eux est inconscient. On les évacue immédiatement pour qu’ils bénéficient d’un traitement sanitaire par le Smur de Madrid ». Le chef de garde demande l’officier supérieur de garde, nommé « M-01 », M pour mando, qui signifie commandement en castillan. Dès son arrivée sur les lieux, celui-ci prend le commandement des opérations de secours.
Généralement, M-01 a pour mission la supervision du service de garde et assiste le chef de garde. Conformément à la doctrine établie par les secours de la ville de Madrid, les moyens ont été renforcés sur le lieu de l’intervention. L’ampleur de l’incendie est telle que, devant la rupture et la chute d’une partie des murs-rideaux et de l’escalier nord, ainsi que les graves dommages subis par la structure de l’immeuble, le Cos décide de remplacer la stratégie offensive générale de l’intervention par une stratégie défensive et ordonne la sortie immédiate des équipes intervenant à l’intérieur de la tour. On installe davantage de lances sur les points élevés des immeubles avoisinants et sur les échelles, dans le but de contenir l’incendie et d’empêcher sa propagation vers les immeubles et les zones annexes. En effet, dans la zone piétonne jouxtant la tour Windsor, on trouve une enseigne de supermarché, le Corte Inglés, la zone Azca, le métro, des parkings souterrains et des installations de gaz naturel basse et moyenne pression. Plus l’incendie sera cantonné aux étages inférieurs et meilleure sera l’efficacité des lances. Le contrôle de l’incendie est ainsi assuré et la propagation évitée.
Au matin du 13 février s’effectue la relève des équipes intervenantes par le personnel volontaire qui s’est présenté dans les postes, la couverture opérationnelle de la ville étant assurée par le personnel de garde ce jour-là. Vers 11 heures, le 13, les pompiers de Madrid se déclarent « maîtres du feu ». Toute propagation est écartée aux immeubles contigus. À 1 heure du matin, le 14, l’incendie est considéré éteint. Il reste un petit foyer résiduel car il est impossible encore de remuer les décombres. Il faudra un délai de quarante-huit heures après l’extinction de l’incendie pour évaluer le processus de refroidissement de la structure de l’immeuble et son comportement. Un dispositif permanent a été maintenu sur le lieu du sinistre, constitué de deux engins-pompes, deux camions-citernes, deux fourgons électro-ventilateurs, un poste de commandement avancé et la présence constante d’un officier. Un dispositif est mis en place pour effectuer une reconnaissance et évaluer la situation de la structure de l’immeuble ; il sert également à assurer la coordination avec d’autres services municipaux et d’autres organismes, comme la police scientifique du ministère de l’Intérieur ou la police judiciaire, à même de mener les enquêtes pertinentes.

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Un train de départ pour feu d’immeuble est constitué de deux fourgons, d’une échelle, d’un camion-citerne incendie et d’un véhicule de commandement. Les pompiers de Madrid portent le casque F1 fabriqué par MSA-Gallet. Il est de couleur noire pour les pompiers, les conducteurs et les chefs d’équipe, rouge pour les sergents (qui n’est pas un grade de sous-officier), grise pour les sous-officiers et blanche pour les officiers.















 

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